Morad Attik

Evolukid

L’éducation aux défis environnementaux pour tous

Evolukid a pour objectif de préparer les jeunes aux enjeux écologiques de demain en utilisant les nouvelles technologies pour développer leur curiosité, leur esprit d’analyse et leur créativité. La start-up propose des ateliers de découverte scientifique, des plateformes d’e-learning, des classes virtuelles de robotique ou de programmation pour les enfants et les adultes. Evolukid organise aussi des événements ponctuels pour les municipalités ou les grands groupes soucieux de sensibiliser leurs publics aux défis de l’environnement.

Créée il y a un peu plus de 4 ans, Evolukid compte 10 salariés basés en région parisienne. Plusieurs projets d’envergure avec l’Unesco, la Maif ou le groupe l’Oréal ont déjà permis de sensibiliser 100 000 personnes.

La jeune société vient d’être sélectionnée pour participer à la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) qui se tiendra de septembre 2021 à juin 2022. La CEC réunira 150 dirigeants d’entreprises issus d’une grande variété de secteurs, pour les aider à mesurer le défi d’une réduction de 55% des émissions de GES d’ici 2030 et les accompagner dans la co-construction de feuilles de route pour y arriver.

Nous avons interviewé son directeur, Morad Attik, jeune dirigeant engagé et résolu à proposer et partager des solutions.

Quel est l’enjeu écologique principal de votre entreprise dans son secteur d’activité ?

Evolukid est une Ed Tech dont l’objectif est de vulgariser les nouvelles technologies, comme le codage et la robotique, pour sensibiliser le plus de personnes dès que possible aux défis liés à l’environnement. Nos enjeux externes sont liés à l’éducation, la pédagogie, la sensibilisation et la transmission des Objectifs de Développement Durable aux jeunes par le numérique. En interne, nous nous efforçons de limiter notre empreinte carbone par des bonnes pratiques (utilisation de data centers écologiques, de véhicules électriques, limitation des objets à usage unique au sein de l’entreprise…). Mais je suis conscient que nous avons une grande marge de progression.

Qu’est-ce qui vous empêche d’avancer aujourd’hui ?

Une cause conjoncturelle : la crise sanitaire actuelle a mis à mal le niveau de vie de nombreux foyers, qui sont aujourd’hui plus préoccupés par le prix attractif des produits qu’ils achètent que par leur empreinte écologique. Une cause plus structurelle : le secteur privé et le secteur public sont trop hermétiques en France. Je me heurte fréquemment à l’inertie voire à l’inaction des décideurs politiques pour faire avancer les projets. Il y a un manque de confiance, et même une méfiance à l’égard des start-up.

Qu’est-ce qui pourrait débloquer la situation pour votre entreprise et pour votre industrie ?

Je pense que dès la fin du Covid, il faudrait multiplier les rencontres entre le secteur public et le secteur privé avec des colloques : aller à la rencontre des gens pour voir comment mutualiser les forces entre les collectivités, les grands groupes, les lycées, les chaînes de TV…
Par ailleurs, la vulgarisation des concepts est capitale : la création de contenus (vidéos, glossaires, chaînes YouTube) pour embarquer tout le monde, être le plus inclusif possible, me paraît indispensable.

Qu’attendez-vous de votre participation à la CEC ?

Personnellement, je suis conscient des enjeux climatiques, mais j’ai une grande marge de progression pour bien les comprendre. Je souhaite devenir expert sur les questions d’environnement pour monter en compétences, échanger avec des gens autour de ces questions. Et aussi trouver des pistes d’actions concrètes que je pourrai mettre en place chez moi et dans mon entreprise, et transmettre ensuite au plus grand nombre en montrant l’exemple.

Interview réalisée en juin 2021 par Claire de Bourmont