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CEC Provence-Corse

Session 1

Constat et monde d'après

19 → 21 Janvier 2023

Poser l’état des lieux des constats scientifiques et favoriser la prise de conscience des enjeux environnementaux et sociaux aux échelles planétaires et territoriales. Partager l’urgence de la transition, projection dans l’action, pouvoir et courage d’agir en tant que dirigeant et individu 

La session 1 : ce qui a été vécu
Illustration de Nathalie Van Volsom

La première soirée puis la première journée ont été consacrées à la difficile prise de conscience du constat de l’impasse de notre modèle de développement et des risques associés. La dernière journée permet d’acter la nécessité de se réinventer, et de remonter ensemble vers un même désir de construire une nouvelle économie. Les participants, dirigeants et “planet champions”, sont repartis de la première session avec :

⇒ un sentiment de profonde transformation de leur regard sur la situation écologique, une gratitude pour l’expérience vécue, une détermination pour le challenge à accomplir, mais aussi une responsabilité sur l’action à mener et pression sur les résultats concrets,

une grande cohésion au sein des groupes camps de base et le sentiment d’appartenir à un collectif naissant qui se renforcera au fil des sessions avec déjà des initiatives de témoignages croisés, d’entraide et de coopération.

JOUR 1

Montée à bord

Soirée du jeudi 19 janvier 2023

Accueil des participants dans le hall de la Fruitière Numérique de Lourmarin

Mot d’introduction par Olivier Bret, Co- organisateur de la CEC Provence Corse et co-lead pôle Communauté des Participants de la CEC Provence Corse :
“Je ne vous promets pas la croisière s’amuse ni les galères romaines mais d’explorer ensemble de nouvelles routes.” Olivier cite André Gide : “L’homme ne peut découvrir de nouveaux océans sans avoir le courage de perdre de vue le rivage”.

Nicolas Chabert, Président de l’association CEC Provence Corse :
Nicolas commence par des mots forts à destination de l’équipe et remercie le collectif qui a donné vie à ce pari fou décidé lors de la 5e session de la CEC nationale. Il fait une confidence personnelle : “ Vous allez vivre une expérience qui a été très perturbante personnellement”, et distille quelques derniers conseils : “Faites confiance à l’équipe d’animation, lâchez prise pendant 48h pour vivre un moment d’inspiration qui durera longtemps”. Nicolas remercie enfin le maire de Lourmarin et la Fruitière du Numérique qui accueille cette première session.

Jean-Pierre Pettavino, maire de Lourmarin :
Bienvenue à la Fruitière, vous êtes au bon endroit au regard du sujet, nous sommes une commune très engagée sur la Transition écologique. Le maire confirme que Lourmarin est un bon choix et détaille les engagements de sa commune en matière de transition. Il est heureux de voir que le monde de l’entreprise prend sa part.

Ingrid Kandelman, du pôle Programme de la CEC Provence Corse présente l’ensemble du déroulé de la session, construit autour de constats scientifiques et de moments davantage dédiés au ressenti et à l’émotion. Ingrid présente également le fonctionnement des Camps de base et de leurs binômes Coach + Facilitateur.

Mélanie Jeanneret, du pôle Programme de la CEC Provence Corse annonce le départ en Camps de base, cadre de coopération et de confidentialité pour avancer en confiance. Elle présente les cofas et les noms des camps de base qui font référence à des espèces endémiques de la Région : Posidonies, Lagopèdes, Vanesses des Pariétaires, Oliviers, Dauphins, Chardons bleus et Castagnoles.

Dîner buffet préparé Nadia Sammut la cheffe étoilée installée dans le village et dont la cuisine constitue une part du programme de la session. Elle présente sa démarche avant d’ouvrir le buffet : une cuisine végétarienne à base de produits locaux, destinée à “donner le gout du territoire, de la résilience de ce qui pousse dans un sol vivant”.

Ateliers des Fresques

Trois types de fresques sont proposées après le dîner : Fresque du Climat, Fresque de la Biodiversité et Fresque des limites planétaires. Ces ateliers réalisés en groupe de 7-8 permettent comprendre les enjeux systémiques des changements en cours grâce à l’intelligence collective et une pédagogie de construction des causes à effets.

JOUR 2

Partage d'un même constat sur les limites planétaires

Journée du vendredi 20 janvier 2023

La journée du vendredi est consacrée au partage d’un même constat sur le dépassement des limites planétaires et les impasses de notre modèle de développement.

La séance en plénière démarre par la présentation des équipes de la CEC Provence Corse, et de l’ensemble des CEC en cours ou à venir. Humilité, bienveillance, coopération, exigence et courage sont les mots qui guident les participants. Un temps d’ancrage est proposé par Jeanne Hénin (équipe CEC Provence Corse), dans le cadre de la mise en place du collectif. Sophie Deschamps-Berge (équipe CEC Provence Corse) propose une lecture d’un texte de Fred Vargas “Nous y sommes”. Ingrid Kandelman demande aux participants de se saisir de leur Carnet de Bord et d’y noter quelques mots sur leur état personnel à cet instant : une émotion, une sensation, une pensée, une envie… Ingrid et Mélanie posent les principales bases du réchauffement climatique et notamment le lien avec les activités humaines et introduisent les deux premières conférences.

Changements climatiques, des impacts irréversibles. (Philippe Rosello / GREC)

L’objectif prioritaire du GREC SUD est d’informer les gestionnaires et décideurs du territoire dans l’optique d’une meilleure compréhension et d’une prise en compte des résultats scientifiques dans les politiques publiques. Philippe Rosello compare les effets de l’évolution du climat sur la terre à ceux que produit une augmentation de température à 40° sur un corps humain. Il a insisté sur le fait que notre région Sud subit plus qu’ailleurs sur le continent les effets du dérèglement climatique.

Biodiversité & vivant : vers la 6ème extinction de masse. (Cécile Albert / IMBE)

Définition de la biodiversité pour bien comprendre de quoi on parle, la biodiversité est en ensemble d’écosystèmes complexes, cela fait leur robustesse (redondance) et leur fragilité (cycle). A l’issue de ces 2 intervenants, Mélanie présente les 9 limites planétaires dont 6 sont déjà dépassées.

Elle introduit les cinq nouvelles conférences plus courtes proposées sur ces thèmes :

L’eau au 21ème siècle : les révolutions nécessaires (Nicolas Roche / Aix Marseille Université)

Nicolas Roche passe en revue les enjeux majeurs liés à l’eau en donnant quelques exemples frappants (1 chasse d’eau = 1 pack d’eau). Pour lutter contre la sécheresse constatée et à venir (80% des départements subissent un arrêté sécheresse sur les 5 dernières années), il faudra drastiquement changer les habitudes sur tous les plans : sobriété d’usage / efficacité d’usage / complémentarité des usages / restauration et préservation des écosystèmes / intégration économique de la valeur environnementale de l’eau.

Alerte sur les sols : leurs super-pouvoirs ignorés (Frédérique Reffet / Cerema)

Les sols ont des supers pouvoirs ! Le sol c’est 25% de la biodiversité, c’est un réservoir de carbone important, c’est aussi un outil de captage (1/3 des Gaz à effet de Serre) c’est aussi notre mémoire et des paysages. On recense 8 menaces au niveau mondial sur les sols, générées par l’homme, par le climat et notamment les pluies, le tassement, l’érosion etc… En moyenne c’est 30 à 40 000 Ha/an d’artificialisation. L’apparition du plan ZAN (zéro artificialisation nette en 2050) dans la loi climat et résilience de 2021 matérialise l’urgence de la situation. Il y a nécessité urgente d’une gestion plus sobre du foncier sur le modèle” éviter / réduire / compenser”.

Ressources : besoin de sobriété (Clément Levard / CNRS - Cerege)

55 éléments chimiques distincts sont présents dans un téléphone. Comment limiter cette pression sur les métaux critiques : en favorisant l’économie circulaire par opposition à l’économie linéaire, mais ce modèle circulaire ne peut pas fonctionner dans un système en croissance. C’est la limite du recyclage. Il faut aussi limiter la consommation des ressources qui continue de croitre à un taux plus élevé que celui de la population. Dans notre économie, 0.5% des emplois sont consacrés au remploi des matières premières. Le vivant doit aussi être une source d’inspiration.

Energie & sobriété (Saverio Ragazzi / Geres)

Saverio rappelle quelques chiffres clés. Il suggère aux entreprises de réaliser un états- des lieux (Quels sont mes principaux postes de consommation ? Quelle(s) énergie(s) j’utilise, et en quelle quantité ? Quelles sont mes obligations légales ?), de viser la sobriété et l’efficacité, de choisir de l’énergie décarbonée, et de valoriser ses déchets notamment via la coopération avec d’autres entreprises. En résumé le triptyque à mettre en œuvre est sobriété, efficacité énergétique, et énergies renouvelables.

Climat & inégalités sociales, l’importance du décloisonnement (Noemie Paté / Sociologue à l’Institut Catholique de Paris)

Trois facteurs participent à la définition du risque climatique : l’aléa, l’exposition, et la vulnérabilité. Ces facteurs sont interconnectés et s’articulent selon 5 dimensions : entre pays, par genre, entre groupes ethno-raciaux, entre catégories socioprofessionnelles, et entre générations. Noémie développe la notion de “justice climatique” apparue dans les accords de Paris.

A l’issue de ces conférences et avant le déjeuner, Jeanne Hénin propose aux participants une marche consciente dans les jardins à proximité de la Fruitière.

Table ronde : de la synthèse à l’action

Après la synthèse des enjeux présentés dans la matinée, l’après-midi démarre par une table ronde, soit un échange entre les participants et 2 intervenants :

Cyprien Fontvielle (Neede Méditerranée)
Cyprien analyse les freins à l’action vus à travers les sciences comportementales : Peur du changement / Dilution de la responsabilité / Envie de confort vs besoins / Biais de confirmations / Effet de groupe conformiste / Manque de confiance dans une nouvelle information. Il nous annonce que les assureurs vont arrêter d’assurer le risque climatique, et rappelle que la formation des collaborateurs est essentielle. Il nous informe que la Méditerranée pourrait devenir une mer morte en 2050, entraînant 50 millions de déplacés climatiques.

Nathanaël Wallenhorst (UCO)
Pour contenir l’emballement bio-climatique les transitions ne suffiront pas, il faut des ruptures. Les 3 composantes du système terre, et leur état :
→ Climat ⇒ Emballement
→ Biosphère ⇒ Effondrement
→ Société ⇒ Accélération
Positionner les savoirs scientifiques au coeur de nos organisations est primordial : y compris en entreprise, pour ne pas chercher des solutions mais de la connaissance, pour ensuite agir. “Il faudrait que tous les français émettent autant qu’un français qui gagne 2000€, le salaire médian français. Soit diminuer par 5 le PIB”. Ces questions sont politiques : on a besoin d’être encadré, borné. Nous devons apprendre à juger la politique, nous avons les informations pour le faire désormais.

Les participants ont ensuite rejoint leurs camps de base pour une fin d’après-midi dédiée au partage du socle commun, et à l’accueil émotionnel du constat, avant de diner ensemble. La journée se termine par la projection du film “Une fois que tu sais” d’Emmanuel Cappellin.

Film "Une fois que tu sais" d'Emmanuel Cappellin

Confronté à la réalité du changement climatique et à l’épuisement des ressources, le réalisateur Emmanuel Cappellin prend conscience qu’un effondrement de notre civilisation industrielle est inévitable. Mais comment continuer à vivre avec l’idée que l’aventure humaine puisse échouer ? En quête de réponses, il part à la rencontre d’experts et de scientifiques tels que Pablo Servigne, Jean-Marc Jancovici ou Susanne Moser. Tous appellent à une action collective et solidaire pour préparer une transition la plus humaine possible. Une odyssée qui touche à l’intime et transforme notre regard sur nous-même et sur le monde pour mieux construire l’avenir.

Pour aller plus loin :

Organiser une projection du film : contact@nourfilms.com 06 36 07 36 99

JOUR 3

Changer de regard et aller de l’avant

Journée du samedi 21 janvier 2023

La dernière journée de cette session est consacrée aux interactions entre nos systèmes de société et d’organisation et le système terre. Après les terribles constats des jours précédents, il faut maintenant commencer à travailler à une compatibilité de nos modèles avec le vivant.

Overview Effect

L’Overview Effect constitue la mise en jambe pour la journée.

Par Jean-Pierre Goux de OneHome

“Tombez amoureux de la Terre comme les astronautes” 5 minutes d’overview effect avec un tour complet de la Terre (à partir d’images de la NASA, musique de Yael Naim)

Pour accompagner ce changement de regard nécessaire, 2 conférences sont annoncées pour la matinée :

La prospective au service de la résilience (Nicolas Siorak / Economiste et reviewer IPCC)

L’entreprise est-elle en soi une maladie pour la planète ?

Michael rappelle l’histoire de la création des sociétés commerciales (personne morale par les Romains, responsabilité limitée par les Anglais, capitalisme de Milton Friedman). L’entreprise est le produit de la société et une réponse à son environnement, donc si la société change, elle change, et si l’environnement change, elle change. Notion de réalité anthropologique : faire un pas de côté, “écailler les évidences” selon Michel Foucault.

Quel est le but de l’entreprise ? : utiliser ce qu’elle a pour résoudre des problèmes sans en créer de nouveau, soit OEUVRER A L’HABITABILITE DU MONDE. Elle doit parfois se désencrasser des idées pour lesquelles elle oeuvrait. L’entreprise est responsable des mondes que ses produits rendent possibles. Michael illustre son propos par l’allusion aux termitières qui ralentissent leur activité quand le milieu dans lequel elles vivent est en danger (de sorte qu’elles peuvent continuer d’y vivre et qu’il ne leur tombe pas sur la tête).

Table ronde : Dirigeant.e, une fois que tu sais

Nadia Sammut (cheffe étoilée de L’auberge de la Fenière)
http://www.aubergelafeniere.com/

Nadia expose son parcours, notamment influencé par La société des Individus de Norbert Elias, lu pendant la longue maladie qui l’a obligée à modifier radicalement son alimentation. Elle considère sa création comme un écosystème, et non pas une entreprise (restaurant, production, formations, fondation).

Nil Parra (Comme avant)
https://www.comme-avant.bio/

Nil a démarré son entreprise familiale, socialement très engagée, après avoir conçu lui-même un savon convenant à la maladie de peau de son fils. Le bouche à oreille et la qualité de son produit ont accéléré sa croissance. Comme avant a aujourd’hui élargi sa gamme mais reste intransigeant sur son impact social et environnemental.

Nicolas Chabert (E+P / Alumni CEC)
https://www.agence-ep.com/

Nicolas Chabert a estimé qu’il était prédateur de sa propre descendance avant de participer à la CEC nationale et de modifier sa trajectoire, inspiré par sa citation préférée de St Exupéry “on n’hérite pas de la terre de nos ancêtres, on l’emprunte celle de nos enfants”. Il a constaté que son modèle n’était pas compatible avec la fin d’une activité volumique pure. Il impose un bilan carbone scope 3 à ses clients qu’il choisit désormais.

Les participants poursuivent en Camps de base pour un premier bilan de ce qui a été vécu, se mettre en mouvement et se saisir du futur.

Retour en salle plénière pour la clôture de la session 1

⇒ Extrait du faux JT (”émission d’anticipation”) de BFM sur le succès fictif de la contention du l’augmentation des températures (”le pari gagné”), juste avant celle annonçant le réchauffement à + de 2° (”le pari perdu”)

⇒ Présentation d’un modèle post croissance, illustrée par la théorie du Donut de Kate Raworth qui modélise un espace juste et sûr pour des conditions de vie acceptables pour l’ensemble de l’humanité.

Le dirigeant Permaculteur (Vincent Nicollet, Commun lundi)

Prenez soin du vivant = prenez soin de votre entreprise (qui est vivante). Vincent évoque son expérience chez Acta Vista comme directeur adjoint, et revient sur ses erreurs :

  1. l’invocation : parler, peu écouter
  2. le solutionnisme : attendre d’un outil qu’il soit un NOUS-T qui créé du lien
  3. la cahotisation : quand tout le monde décide de tout, mais in fine personne ne décide rien. Il faut des hiérarchies au pluriel, comme dans la nature, mais pas une seule hiérarchie.

Il présente le “PFH”, le “putain de facteur humain” comme la variable d’ajustement de tout.

Il cite les 3 défauts d’instinct, que nous n’avons pas ou plus, et que l’entreprise doit proposer : la sécurité, les règles, le sens.

Clôture Surprise : connexion en live avec la CEC Ouest

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