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LA RÉGÉNÉRATION POUR ENTREVOIR UN NOUVEAU PARADIGME

La régénération signifie créer les conditions qui permettent à la vie de se renouveler durablement et de prospérer. L’entreprise future fit est régénérative : elle soutient les dynamiques du vivant au lieu de les détruire comme le fait l’entreprise linéaire, centrée sur l’extraction. L’entreprise régénérative va au-delà des traditionnels critères RSE qui sont centrés sur la réduction des impacts négatifs et des externalités. Il y a bien derrière un mouvement vers un nouveau paradigme, une nouvelle façon d’être et de faire des affaires : c’est d’un nouveau rapport au monde dont il s’agit. La régénération, c’est la réconciliation du business avec l’écologie. Car l’écologie n’est pas un sujet politique ;c’est un sujet scientifique très terre à terre.

La régénération n’est pas un sujet limité au département RSE mais un sujet qui doit s’intégrer dans tous les métiers et irriguer toutes les actions de l’entreprise. De fait, elle doit être incarnée par le dirigeant et être portée par la gouvernance de l’entreprise. Elle transforme ainsi le rôle et la raison d’être de l’entreprise vers un modèle contributif.

La coopération avec le vivant génère de la valeur

Avec la logique régénérative, les externalités deviennent des opportunités pour créer de la valeur ; les parties prenantes dans l’écosystème de l’entreprise deviennent des partenaires ; la pensée linéaire est remplacée par une pensée systémique et des principes d’économie circulaire ; les ressources ne sont pas gérées pour obtenir un profit à court terme mais appréhendées de manière holistique et en lien avec la matrice du vivant…

Cette logique régénérative oblige à dépasser notre cadre de référence pour penser en termes d’interconnexions. Tout comme la métaphore de la machine représente l’ère industrielle, celle des systèmes vivants est appropriée pour l’entreprise du XXIe siècle : ceux-ci prospèrent grâce à leur interdépendance et les multiples coopérations qu’ils sont capables de déployer.
La pensée systémique régénérative casse les limites des silos au sein et entre les organisations. On parle alors de collaboration, de valeur partagée et de co-innovation ; on crée de la valeur holistique. La coopération peut faire peur dans un monde de compétition mais il s’agit d’un équilibre. Il est scientifiquement montré que dans les systèmes vivants confrontés à des conditions difficiles et hostiles, ce sont les espèces et les individus qui s’associent et s’entraident qui survivent le mieux ; les autres disparaissent…

Aujourd’hui, avec la crise écologique et sociale, l’incertitude, la complexité de notre monde et les risques systémiques d’effondrement, ce ne sont pas forcément les plus forts qui vont survivre, ce sont les plus coopératifs et les plus résilients.

Dans le parcours de la CEC, nous allons nous en inspirer avec le biomimétisme. L’entreprise régénérative est reliée au vivant et en est très proche dans sa façon de fonctionner. Elle cherche à prospérer, à créer de la valeur avec des enjeux de basse intensité énergie et de basse intensité matière en s’appuyant sur des coopérations et en cherchant la résilience.

Régénération et rentabilité : un duo gagnant

Elle est aussi reliée au vivant de manière directe ou indirecte via son écosystème. L’entreprise régénérative cherche à revitaliser à la fois l’environnement, son territoire, et toutes ses parties prenantes. La notion de “revitalisation” – prendre soin des hommes comme de la planète – est centrale. Elle recherche l’impact positif et valorise cet impact et le monétise : c’est ce qui a été présenté et expérimenté lors de cette session 2 de la CEC.

Finalement, l’économie régénérative n’est pas du tout une quête naïve. Bien au contraire, c’est vraiment un sujet stratégique comme l’a notamment illustré l’entreprise américaine Interface, régénérative et biomimétique (cf. page 26). Soumise à des impératifs financiers,
Interface qui fonctionne sur la base des principes du vivant, démontre que régénération et rentabilité peuvent être une équation vertueuse et gagnante pour toutes les parties, y compris pour les sociétés cotées en bourse.

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Anna Le Faouder

A la fois économiste et géologue de formation, Anna Le Faouder déploie depuis plus de 20 ans des projets d’intérêt général, notamment pendant plus de dix ans dans le secteur environnemental. Aujourd’hui, elle accompagne les entreprises dans leur stratégie d’impact positif, dans leurs démarches et certification B Corp, et dans leur projet de redirection écologique. Son sujet de prédilection : la régénération du vivant.

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