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La théorie du Donut : une boussole pour les décideurs du XXIème siècle

La métaphore du Donut conçue par l’économiste britannique Kate Raworth est une visualisation simple des conditions sociales et écologiques qui sous-entendent le bien-être humain collectif.
Diagramme de la théorie du donut Source : oxfamfrance.org

En forme de “beignet”, ce cadre visuel pour la soutenabilité de l’économie combine le concept de frontières planétaires avec celui complémentaire et indissociable de frontières sociales. Dans ce modèle, la performance d’une économie est envisagée à travers le prisme de la satisfaction des besoins humains sans dépasser le plafond écologique de la Terre.


Le plafond environnemental
inclut les neuf limites planétaires : elles représentent les seuils que l’humanité ne doit pas dépasser pour ne pas compromettre les conditions de vie sur Terre.
Ces neufs processus naturels permettant la stabilité de notre biosphère sont : le changement climatique, la chute de la biodiversité, la pollution chimique, la charge d’azote et de phosphore liée à l’utilisation intensive d’engrais, la conversion des terres (création de routes, terres agricoles…), l’acidification des océans, la consommation d’eau douce, l’appauvrissement de la couche d’ozone et la pollution de l’air liée à l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère.

Ces frontières planétaires sont proposées en 2009 par un groupe international de scientifiques spécialistes du système terrestre mené par Johan Rockström et Will Steffen et publiées dans les revues Nature et Ecology and Society. En 2012, dans le cadre de ses travaux de recherche menés au sein d’Oxfam Grande-Bretagne, l’économiste Kate Raworth y ajoute des frontières intérieures (“plancher social”) correspondant aux besoins humains essentiels pour bien vivre.

Ce plancher social constitue la limite interne du Donut et définit les 12 objectifs sociaux qu’elle a identifiés lors des travaux préparatoires aux ODD (Objectifs de Développement Durable), et indispensables au développement humain.

En rendant compte des zones rouges de l’économie actuelle, la Théorie du Donut nous amène à inventer un nouveau logiciel économique de prospérité partagée et durable.

Entre ces deux cercles se situe le Donut : l’espace dans lequel nous pouvons satisfaire les besoins de tous, dans les limites des ressources planétaires. C’est l’espace sûr et juste pour l’humanité, dans lequel les activités économiques doivent s’intégrer et prospérer.
Pour diffuser au plus grand nombre cette nouvelle pensée économique, Kate Raworth publie en 2017 La Théorie du Donut, l’économie de demain qui s’impose vite comme un best-seller dans le monde anglophone. Alliant enjeux environnementaux et justice sociale, la Théorie du Donut met à jour les changements nécessaires à opérer dans la pensée économique actuelle pour prendre en compte la réalité d’aujourd’hui et les défis de demain. En rendant compte des zones rouges de l’économie actuelle (que ce soit à l’intérieur du Donut avec les besoins essentiels non encore assurés pour l’ensemble de l’humanité et à l’extérieur avec des équilibres planétaires déjà mis à mal), la Théorie du Donut nous amène à inventer un nouveau logiciel économique de prospérité partagée et durable.

Les sept grands principes pour développer l’économie de demain :

  1. Changer de but : le “Donut” remplace la croissance du PIB.
  2. Intégrer l’économie au sein de la société et de la nature (cf. Les trois cercles concentriques).
  3. Cultiver la nature humaine.
  4. Mieux connaître les systèmes pour prendre en compte la complexité dynamique.
  5. Redessiner pour redistribuer : être distributif par dessein.
  6. Créer pour régénérer : arrêter la conception industrielle dégénérative pour être régénératif
    par dessein.
  7. Être agnostique en matière de croissance.

En avril 2020, Amsterdam est devenue la première ville au monde à baser sa stratégie de politiques publiques sur le modèle économique du Donut. Objectif : atteindre une économie totalement circulaire d’ici à 2050, en commençant par réduire de moitié l’utilisation des matières premières en dix ans.

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Anna Le Faouder

A la fois économiste et géologue de formation, Anna Le Faouder déploie depuis plus de 20 ans des projets d’intérêt général, notamment pendant plus de dix ans dans le secteur environnemental. Aujourd’hui, elle accompagne les entreprises dans leur stratégie d’impact positif, dans leurs démarches et certification B Corp, et dans leur projet de redirection écologique. Son sujet de prédilection : la régénération du vivant.

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