Interview De Justine Hutteau

Interview de Justine Hutteau, cofondatrice de RESPIRE.

RESPIRE a été sélectionnée pour participer à la Convention des Entreprises pour le Climat (CEC) qui se tiendra de septembre 2021 à juin 2022. La CEC réunira 150 dirigeants d’entreprises issus d’une grande variété de secteurs, pour les aider à mesurer le défi d’une réduction de 55% des émissions de GES d’ici 2030 et les accompagner dans la co-construction de feuilles de route pour y arriver.

Quel est l’enjeu écologique principal de votre entreprise dans son secteur d’activité ?

Je vois trois enjeux majeurs dans notre secteur :

  • Le plastique : l’industrie cosmétique utilise beaucoup de plastiques. Idéalement nous tendons vers le zéro plastique avec des systèmes de recharges et l’utilisation de plastiques mono matériaux recyclables.
  • Les transports avec la livraison à domicile : le consommateur souhaite de plus en plus un service personnalisé qui n’est pas simple à mettre en place de façon écologique.
  • L’utilisation de l’eau dans la fabrication des produits (surtout les produits liquides) et aussi par les consommateurs. Nous devons trouver des alternatives pour utiliser moins d’eau.
Qu’est-ce qui vous empêche d’avancer aujourd’hui ?
  • Les habitudes de consommation : nous devons accompagner les consommateurs dans la transition écologique, sans les culpabiliser, en proposant des alternatives comme des produits solides agréables.
  • Les niveaux divers d’avancement vers l’éco responsabilité : tous les pays ne sont pas au même niveau d’avancement dans le domaine de l’éco responsabilité. La France est l’un des pays les plus avancés en termes de matières et d’ingrédients, par rapport à l’Asie notamment. Il faudrait que tout le monde s’y mette en même temps !
Qu’est-ce qui pourrait débloquer la situation pour votre entreprise et pour votre industrie ?
  • Plus de marques de cosmétiques éco responsables : Respire a été l’une des premières marques à proposer des produits cosmétiques éco responsables, rejointe par L’Oréal puis d’autres marques. Aujourd’hui, la gamme de produits solides prend des parts de marché sur la gamme liquide, mais cela ne concerne encore que 2% de la population française. La crise sanitaire a accéléré la prise de conscience des consommateurs sur la qualité et la durabilité des produits qu’ils achètent. Pour changer les mentalités, il faudrait que de plus en plus de marques de cosmétiques proposent des produits éco responsables.
  • La chaîne d’approvisionnement doit changer : les exigences vis-à-vis des fournisseurs, l’origine des emballages, les normes de production doivent évoluer. Actuellement, 80% des ingrédients de nos produits viennent de France. De plus en plus de laboratoires s’y mettent et donnent des informations précises sur leurs fournisseurs.
  • Les investissements publics et les normes gouvernementales pourraient aussi aider à accélérer cette transition.
Qu’attendez-vous de votre participation à la CEC ?

L’objectif de Respire est d’amener le maximum de personnes à modifier leurs habitudes de consommation de produits cosmétiques. Il faudra faire rayonner les messages de la CEC pour sensibiliser le plus grand public possible à l’écologie.

Personnellement, j’attends des débats d’idées sur les sujets d’éco-responsabilité avec d’autres secteurs d’activité, avec des structures différentes pour trouver ensemble des messages et des actions concrètes à mettre en place.

Par ailleurs, je suis très heureuse d’avoir été rejointe dans cette aventure par mon père, dont la société Optima System participera également à la CEC.

Interview réalisée en juillet 2021 par Claire de Bourmont

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